Le Collège des Femmes de la CPF en route vers une nouvelle dynamique

Les 6 et 7 novembre 2025, la Confédération Paysanne du Faso (CPF) a organisé à Ouagadougou une rencontre d’échanges, de réflexion et de structuration dédiée au Collège des Femmes (CdF). Soutenue par OXFAM à travers le programme DGD 2022-2026 « Autonomisation et résilience des femmes et des jeunes dans les filières lait et riz au Burkina Faso », cette rencontre marque une étape clé dans la volonté de renforcer la représentativité et l’efficacité du mouvement féminin au sein de la CPF.

Créé en août 2005, le CdF constitue un espace de dialogue, de solidarité et de plaidoyer regroupant les femmes issues des organisations membres de la confédération.

Il répond aux recommandations du Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) et permet aux femmes rurales de participer à la gouvernance de la CPF, de défendre leurs intérêts et de contribuer activement à la transformation du monde rural.

La rencontre a réuni trois membres du Conseil d’administration, l'équipe technique de la CPF, ainsi que les représentantes des unions et fédérations membres. Pendant deux jours, les participantes ont travaillé à la fois sur la rétrospective du Collège et sur la relance de sa dynamique.

En ouverture, le Président de la CPF, M. Laurent DOMBOUE, a salué l’engagement constant des femmes au sein du mouvement paysan : « Le Collège des Femmes est un pilier de notre confédération. Sans la participation active des femmes, aucune transformation durable du monde rural n’est possible. Ce renouvellement du bureau est un signal fort : nous voulons un mouvement paysan plus inclusif, plus représentatif et plus fort. »

Le premier jour a été consacré à un partage d’expériences avec l’appui du ROPPA, suivi d’une présentation du CdF sur son parcours depuis 2005, ses acquis, ses défis et les préoccupations majeures portées au niveau national. Une analyse participative a permis d’examiner les actions menées, les difficultés rencontrées et les améliorations à envisager.

Le deuxième jour, les échanges ont porté sur les enjeux majeurs des femmes rurales : accès aux moyens de production, financement, reconnaissance de la valeur économique du travail des femmes, participation à la prise de décision et insertion dans les filières agricoles structurées. Ces discussions ont permis d’actualiser le plan d’action du CdF et d’identifier des priorités stratégiques. À ce sujet, la Présidente sortante du Collège des Femmes, Mme Djeneba DIALLO, a affirmé : « Les femmes rurales portent l’agriculture burkinabè sur leurs épaules. Nous devons être présentes là où les décisions se prennent, pour défendre nos droits et faire avancer les politiques agricoles. Ce plan d’action renforcé nous permettra d’aller plus loin et de faire entendre notre voix. »

L’un des temps forts de la rencontre a été le processus de renouvellement du bureau du CdF. Encadré par un comité ad hoc, le vote s’est déroulé selon des principes de transparence, de concertation et de consensus. À l’issue du processus, un nouveau bureau a été mis en place et officiellement installé. La Présidente élue, Mme Mariam DIABY, a salué cette nouvelle étape : « Le Collège des Femmes repart sur des bases solides. Avec l’énergie des représentantes ici présentes, nous allons poursuivre le travail, mobiliser davantage de femmes et faire progresser leurs droits dans toutes nos organisations. »

En organisant cette rencontre, la CPF montre sa détermination à construire un mouvement paysan national fort, inclusif et représentatif de toutes ses composantes. Le Secrétaire exécutif du ROPPA, M. Ousseini OUEDRAOGO, a tenu à réaffirmer le soutien du réseau au Collège des Femmes : « Le ROPPA salue le travail remarquable du Collège des Femmes de la CPF. Votre engagement et votre détermination illustrent la force du leadership féminin dans le monde paysan. Le ROPPA restera à vos côtés pour vous accompagner dans vos initiatives, renforcer vos capacités et appuyer vos actions de plaidoyer pour une meilleure reconnaissance des femmes rurales. »

En clôture, le Président de la CPF, M. Laurent DOMBOUE, a rappelé avec force l’importance du rôle des femmes dans le développement rural : « La reconnaissance des femmes rurales ne doit pas être symbolique. Elle doit être réelle, visible et structurée. Nous comptons sur ce nouveau bureau pour porter haut les voix des femmes, afin que leurs préoccupations soient intégrées dans toutes les actions de la CPF. »

Avec cette nouvelle dynamique, le CdF entend renforcer le leadership féminin, amplifier les actions de plaidoyer et contribuer activement à l’autonomisation économique et sociale des femmes rurales du Burkina Faso.