Cette rencontre, organisée dans le cadre du projet FO-RI intitulé « Innovations agroécologiques à partir des savoirs endogènes pour le développement de la chaîne de valeur oignon au Burkina Faso », a réuni les acteurs clés de la filière, notamment la Confédération Paysanne du Faso (CPF), l’Union Nationale des Producteurs d’Oignons du Burkina (UNAPOB), l’Association Agriculteurs Français et Développement International (Afdi), ainsi que les institutions de recherche telles que l’INERA et l’IRSAT.
L’oignon occupe une place de choix dans l’économie maraîchère du Burkina Faso, représentant plus de 40 % des superficies consacrées à ces cultures et générant un chiffre d’affaires de près de 124 milliards de FCFA en 2019. Toutefois, la filière est confrontée à des défis liés aux changements climatiques, à la gestion de l’eau et à l’usage excessif d’intrants chimiques qui affectent la production et la conservation. Face à ces contraintes, le projet FO-RI a initié des expérimentations en production et en conservation dans trois zones du pays – Oubritenga, Yatenga et Sanmatenga – afin d’identifier des solutions agroécologiques adaptées.
L’atelier de Ziniaré a été l’occasion de partager les résultats de trois années d’essais et d’élaborer des fiches techniques destinées à faciliter la diffusion et l’adoption des pratiques éprouvées. La cérémonie d’ouverture a été marquée par les interventions du Coordonnateur Pays d’Afdi, M. Issoufou PORGO, et du président de l’UNAPOB et vice-président de la CPF, M. René SOLLA, qui ont souligné l’importance stratégique de ces outils pour renforcer la résilience de la filière.
Les communications ont porté sur les résultats obtenus en matière de production et de conservation. Il en ressort que le paillage à base d’herbes mortes et l’utilisation combinée de la fumure organique et du NPK constituent les meilleures options pour améliorer les rendements. Du point de vue phytosanitaire, l’huile de neem s’est révélée efficace dans la lutte contre les ravageurs. En ce qui concerne la conservation, les essais ont montré que certaines pratiques, bien que produisant de plus petits bulbes, favorisent une meilleure durée de stockage avec de faibles pertes.
Les discussions ont mis en lumière des préoccupations relatives à la disparité des résultats entre sites, aux coûts des technologies et aux modalités d’irrigation. Il a été recommandé d’intégrer davantage le volet économique dans les prochaines initiatives afin de renforcer l’adoption des innovations.
À l’issue des échanges, quatre fiches techniques ont été produites, chacune documentant une technique agroécologique spécifique en lien avec la fertilisation, les pratiques culturales, le traitement phytosanitaire et la conservation. Ces fiches, conçues en langage simple et illustrées, constituent désormais un outil pratique à la disposition des producteurs pour améliorer durablement leurs pratiques.
L’atelier s’est conclu par un engagement commun des acteurs à poursuivre la diffusion et l’appropriation de ces innovations, avec la conviction que les fiches techniques contribueront à renforcer la durabilité et la compétitivité de la filière oignon au Burkina Faso.







