Confédération Paysanne du Burkina BF

Gouvernance foncière : Une initiative pour défendre les petits producteurs agricoles

Au Burkina Faso, tout comme dans d’autres pays d’Afrique, on constate depuis quelques années, une ruée vers la terre. Des sociétés minières, immobilières, de grands projets ou de simples particuliers s’accaparent de centaines, voire des milliers d’hectares. Les agriculteurs, surtout les petits exploitants se trouvent alors menacés.
Afin de remédier à ce fléau et d’assurer la sécurisation foncière des petits exploitants aux Burkina Faso, l’organisation allemande Welthungerhilfe (WHH) en partenariat avec la Confédération Paysanne du Faso (CPF) ont lancé, ce 5 Avril 2018 à Ouagadougou, un projet dénommé Partenariat multi acteurs sur le foncier rural (MAP).
C’est au cours d’un atélier tenu dans les locaux de l’ONG Welthungerhilfe que s’est tenu le lancement du projet MAP aussi appelé « Initiative Land for Life ». Pour le directeur pays de l’ONG WHH, Jean Philippe Jarry, « la sécurisation foncière est un défi qu’il faut relever au Burkina Faso ». Ainsi l’Organisation non gouvernementale s’est engagée dans la lutte pour la sécurisation foncière dans ses pays d’intervention à travers la mise en œuvre de ce vaste projet qui se tient aussi au Libéria, en Sierra Léone et en Ethiopie.
Monsieur Bénéwendé Rouamba chef du projet, Partenariat multi Acteurs (MAP) sur le foncier rural ou initiative Land for Life au Burkina Faso, nous explique que c’est une plateforme qui travaillera avec tous les acteurs en vue de faire des plaidoyers pour la sécurisation des fonciers des petits exploitants au Burkina Faso. Les activités vont couvrir toute l’étendue du territoire, avec un accent particulier dans les zones où l’accaparement des terres est plus criard.
D’un coût d’environ 180 millions de FCFA, le projet est dans une phase pilote qui s’étend jusqu’en 2019. Il pourrait être envisagé sa reconduction, a t-il confié.
Dans cette action, Welthungerhilfe est en partenariat avec la Confédération paysanne du Faso (CPF) en vue de réunir des compétences issues de l’administration, de la société civile et de la recherche en vue d’un plaidoyer en faveur de l’application de la loi et des règlementations foncières en vigueur au Burkina.
Selon Boureima Diallo, vice-président de la CPF, malgré la politique nationale de sécurisation foncière en vigueur depuis 2007 et la loi portant régime foncier en milieu rural adoptée en 2009, les droits fonciers des petits exploitants familiaux et des groupes vulnérables sont toujours menacés en raison de la ruée vers la terre. « Des droits fonciers inadaptés et non sécurisés augmentent la vulnérabilité, la faim et la pauvreté et peuvent même conduire à des conflits et des dégradations environnementales ».
La CPF a toujours interpellé les autorités et plaidé pour une meilleure sécurisation des droits fonciers de ses membres mais aussi pour tous les producteurs ruraux. Raison pour laquelle le vice-président a remercié l’ONG Welthungerhilfe pour la mise en œuvre de ce projet qui vise à accroitre la sécurité des droits fonciers et améliorer la gouvernance foncière et les investissements Agricoles.