Communiqué de presse

 

JNP à Manga le 24 avril 2021

Cette journée nationale du paysan intervient dans un contexte de crises multiformes sévères qui ont impacté négativement les conditions de vie et les moyens d’existences des exploitants agricoles, mettent en cause la stabilité des exploitations. C'est pourquoi la CPF valide pleinement le thème retenu « Impact socio-économique des crises sécuritaire et sanitaire sur les secteurs productifs du monde rural : quelles stratégies de résilience ».

La situation appelle à des actions structurelles vigoureuses.
Pour la sécurisation foncière en milieu rural, la CPF demande le rétablissement dans leurs droits des ruraux floués par les accapareurs de terre et la mise en œuvre d’un programme national de sécurisation foncière des exploitations familiales avec délivrance d’APFR collectives.

Pour un accès aux financements, aux intrants et /équipements de tous les producteurs familiaux, surtout les femmes et les jeunes, la CPF attend que la BADF et le FDA soient fonctionnels et déconcentrés dans les provinces et que la CAIMA assure 30% de couverture des besoins des producteurs en engrais subventionné.

L’amélioration de l’emploi et de l’employabilité des femmes et des jeunes ruraux nécessite la mise en place d’un parcours de formation professionnelle agricole, l’adoption d’une politique ambitieuse d’emploi des jeunes et des mécanismes de facilitation de leur accès aux crédits.
Pour un partage équitable de la valeur ajoutée des produits agricoles, les OP demandent un accroissement des capacités de stockage de proximité ainsi qu’un mécanisme de fixation de prix planchers pour les céréales sèches, les légumineuses et autres produits vivriers.
L'arrêté portant achat des produits alimentaires locaux étant contourné par de trop nombreux acteurs, la CPF réclame une vraie politique de promotion des produits locaux et un accès direct aux marchés institutionnels pour les OP.
Face à l’ampleur des problèmes vécus par les Personnes déplacées internes (PDI), la CPF propose un programme spécial d’accompagnement des PDI pour la reconstitution de leur capital productif et leur stock de sécurité alimentaire et attend des mesures de l’Etat pour que l’aide alimentaire aux PDI soit essentiellement à base de produits locaux.
Enfin, la CPF rappelle à l’Etat son obligation de respect de ses engagements en faveur de l’agriculture - engagements de Malabo, contribution à la réalisation des Objectifs de développement durable.

Dans un pays où le secteur rural occupe 80% de la population active, soutenir les paysans, c’est soutenir le pays dans son ensemble. Les paysans, en vivant décemment de leur métier, contribuent à la stabilité sociale, à la dynamique économique de leurs territoires et ouvrent des opportunités aux jeunes. Nous avons besoin de plus de justice sociale pour éviter que nos jeunes abandonnent les exploitations familiales au profit des sites d’orpaillage ou écoutent les sirènes des terroristes.
C’est cet engagement fort dans le soutien à l’agriculture familiale et pour la Paix au Burkina Faso que nous, organisations paysannes, attendons de cette JNP !


Contact presse :
- Issoufou PORGO, SP/CPF : Tel : 25 30 18 44/70 24 50 46
- Obi Julienne OUATTARA, Chargée de communication :
Tel 25 30 18 44/ 70 30 75

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