ATELIER D’INFORMATION ET DE LANCEMENT DE L’INITIATIVE POMME DE TERRE ET DE LA PATATE DOUCE AU BURKINA FASO

l’atelier d’information et de lancement de l’initiative pomme de terre et de la patate douce au Burkina Faso a été organisé ce 24 mars 2021 à Ouagadougou. L’objectif global de l’atelier était d’amorcer le processus de consultation des OP productrices de pomme de terre et de patate douce sur l’initiative autour des 2 filières.


Pour rappel, l’Afrique de l’Ouest constitue une des régions du monde où les problèmes d’insécurité alimentaire et nutritionnelle sont persistants depuis des décennies. En cause, de nombreux facteurs défavorables : variabilité et changement climatiques, faible productivité des systèmes de production, et une demande alimentaire croissante due au boom démographique soutenu de la région ; fragilités des politiques de soutien aux systèmes alimentaires. Il en résulte une dépendance alimentaire qui reste très forte en ce qui concerne les produits céréaliers, carnés et qui se traduit par des importations qui grèvent la balance commerciale des États de la région.
Un des domaines où la région semble tirer son épingle de jeu est celui des racines et tubercules.
Figurant parmi les premières régions productrices de manioc et d’igname, la région ne réalise pas moins des progrès importants en ce qui concerne la pomme de terre et la patate douce. Considérées comme des produits à forte potentialité de productivité, à même de contribuer efficacement à la lutte contre l’insécurité alimentaire, le chômage et le sous-emplois des jeunes et des femmes, la pomme de terre et la patate douce commencent à faire une percée remarquable dans de nombreux pays de la région.
La production des deux spéculations a connu un bon remarquable ces dernières années. La production de la pomme de terre est passée de quelques 50 400 tonnes en 1980 à près de 2 000 000 de tonnes actuellement. Celle de la patate douce est passée de quelques 314 127 tonnes en 1980 à 4 124 120 tonnes en 2016 et à plus de 5 000 000 de tonnes de nos jours. Au Burkina Faso, la production de la pomme de terre est passée de 1376 en 2004/2005 à plus de 15 663 tonnes en 2018/2019.
Cet accroissement de l’offre nationale de pomme de terre et de patate douce résulte des efforts et de l’engagement des différents groupes d’acteurs depuis le début des années 1990. Par exemple, de nombreuses fédérations comme la FNGN, ASPMY, la FEPAB ont su mettre en œuvre des innovations au plan organisationnel et des services pour soutenir les investissements des exploitations familiales dans ces chaînes de valeur. Aussi, le gouvernement a accompagné la mise en place d’infrastructures de conservation gérées par les OP. De nombreuses sociétés privées fournisseuses d’intrants, au regard du potentiel qu’offre la chaîne de valeur pomme de terre, ont noué des partenariats avec les producteurs qui ont permis de faire des commandes groupées de semences avec des succès divers. Également, la recherche s’est investie dans la sélection et la multiplication de nombreuses variétés de patate douce et de pomme de terre.
La plupart de ces initiatives demandent actuellement à être consolidées, dynamisées au regard des mutations du contexte et de l’évolution des groupes d’acteurs, de leurs offres de services et/ou besoins.
Toutefois, les performances ci-dessus évoquées, soutenues par les dynamiques des acteurs en cours, cachent mal les problèmes majeurs auxquels les filières pomme de terre et patate douce sont confrontées, notamment : (i) les difficultés d’accès aux semences, (ii) la maitrise des problèmes parasitaires, (iii) la gestion des ressources en eau (les cultures se pratiquant entre Octobre et Mars), (iv) les problèmes de conservation des produits, (v) les problèmes de mise en marché et concurrence des produits importés, (vi) les difficultés d’accès au crédit de campagne, etc.

Ces difficultés expliquent en partie pourquoi le pays demeure dépendant des importations de la pomme de terre du marché international pour couvrir ses besoins domestiques. En effet, les importations ont augmenté de 2006 à 2010 : de 323 tonnes à 952 tonnes.

Au regard de ce contexte et de l’engagement de nombreuses fédérations membres des plateformes nationales du ROPPA dans ces 2 filières, le réseau et l’ASRODEB ont convenu de mettre en œuvre une initiative visant à développer, aux niveaux national et régional, des espaces de concertation, de collaboration et d’action, en vue de renforcer et structurer les initiatives des acteurs impliqués dans les chaînes de valeur pomme de terre et patate douce.

Le Conseil d’Administration du ROPPA a validé cette initiative, permettant ainsi de planifier des appuis pour son démarrage dans le cadre du projet OPenACP. Une mission d’échanges, organisée à Timbi Madina en Guinée, entre les présidents des plateformes nationales des 4 pays concernés et le Directeur de l’ASPRODEB, a permis d’adopter les objectifs de cette initiative et les grandes orientations méthodologique pour son déroulement.

Par ailleurs cette initiative du ROPPA et de l’ASPRODEP en Afrique de l’Ouest s’inscrit dans une dynamique continentale portée par la PAFO et Agricord, en partenariat avec la Fédération Internationale des Producteurs de Pomme de Terre.
Le Burkina Faso, en tant que pays membre du ROPPA à travers la confédération Paysanne du Faso (CPF) est bénéficiaire de l’initiative. Et conformément à la démarche méthodologique préconisée, une série de concertation sera organisée en 2 étapes, la première entre les OP des 2 filières, la seconde élargie aux autres acteurs.

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